Voyages

Mon ouverture sur le monde des autres

Et là j’ai flippé…

Quand à 28 ans vous êtes Senior Expert dans votre domaine, certains sont bluffés, votre mère ne comprend toujours pas réellement ce que vous faites, mais personnellement la première question que je me suis posée c’est « fuck je serai quoi dans 5 ans ? C’est quoi la next step ? ».

Quand j’ai signé j’avais pas fait attention au fait que c’était marqué « Senior » dans mon titre.
Merde, je suis encore jeune avant de me coller un « senior ». Je n’en veux pas du tout à mes supérieurs, je pense sérieusement que pour eux c’était une manière de me valoriser mais vraiment ça m’a donné un tel coup de vieux. Et cela m’a aussi remis en cause.

Réellement, en continuant ainsi j’allais devenir quoi dans 5 ans ? et dans 10 ? et quand j’en aurais 50 ? Parce que peut-être qu’un jour j’en aurai 50… Le pire et cela ne m’aidait pas c’est que je continuais d’être démarchée pour des postes d’expertise, de manager, de high level, de « où on fait carrière chez nous » comme ils disent. En même temps si je commence en étant Senior Director, je vois pas où la suite va me mener chez vous…
Et quand je leur disais « j’aimerai réorienté vers la BI, reprendre les études » les mecs ne comprenaient pas, et répondaient des trucs du genre « on peut voir à augmenter l’offre salariale ». Mec, j’arrive déjà pas à dépenser un quart de mon salaire actuel !!
Sortir des chantiers battus, remettre tout à zéro et prendre le large.

Là j’ai appris très vite plusieurs points sur le cœur de mon métier mais surtout une autre chose sur moi même. J’ai toujours dit que je n’aimais pas la partie commerciale de mes jobs, que je ne voulais pas monter ma boîte car je ne voulais pas me vendre, que cela ne m’intéressait pas, que je n’avais pas la fibre commerciale.

Challenge lancé : si j’arrive à me vendre moi-même alors j’arriverai à vendre n’importe quel produit. Il est souvent plus facile de vendre un produit avec une équipe de développeurs, un support, une marque, que soi-même avec ses compétences, mais aussi ses limites, ses défauts, ses failles.

Me lancer en auto-entrepreneur (ou en pigiste, indépendant, ou tout ce que vous voudrez comme terme) a sûrement été le pire défi que je me suis jamais lancé. Mais à force de faire des mails, sans réponse, d’envoyer des candidatures, de tâter le terrain sur les tarifs possibles, de faire des calls, de voir, de discuter, de se placer, de parler comme de par hasard de ce que l’on a fait par le passé, de telle techno, de tel client, d’adapter son discours, de laisser parler l’autre en face…

J’avais calculé qu’il me fallait environ 1000$ par mois pour vivre largement sans super grosse dépense mais largement pour m’acheter des vêtements d’hiver digne de ce nom, craquer sur telle paire de tennis, envoyer autant de cadeaux que je voulais pour Noël…

Mise à jour / Bilan (à janvier 2015):
– Travail en tant que vendeuse : 2250€ / CAD $3100
– Mission de web tracking : non payé pour l’instant / non facturé
– Mission de création de sites web : 500€ / CAD $700$
– Mission de réponses à appel d’offre : 700€ / CAD $1000
– Source de revenue autres : 350€ / CAD $500

Et en parallèle j’ai eu 65% de mon temps libre (2.5 jours par semaine hors week-end) en moyenne pour avancer sur les projets qui me tenaient aussi à cœur.
J’ai tenu mon budget tout le temps de ce périple pour savoir où j’en étais, ce que cela me coutait. Je m’étais fixé 5000€ pour l’ensemble du voyage (assurances, médicaments, avion et tout compris). J’en suis à 4800€ dépensé sachant qu’on a visité beaucoup plus que prévu ! En gros je suis à budget 0 pour logement, nourriture et vie quotidienne hors période de voyage aux US et roadtrip au travers le Canada.

Plutôt fière de moi :)

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